J’AIME L’ODEUR DU PALAIS ROYAL AU PETIT MATIN

Si, pour Diderot : « Qu’il fasse beau, qu’il fasse laid, c’est mon habitude d’aller sur les cinq heures du soir me promener au Palais-Royal », ce sont pour moi les matins d’été, dès que les jardins ouvrent, à sept heures, que le Palais Royal offre toute sa splendeur.


Soleil timide ou déjà ardent, noctambules échoués, finissant leur journée ou entamant leur nuit, livreurs aux cartons, armes et bolducs des maisons de couture renommées, maraîchers, poissonniers et bouchers pourvoyeurs de délices à venir du restaurant du Palais Royal ou du Grand Véfour, touristes bien heureusement perdus ou bien informés, employés ou habitants du quartier, tous en quête d’une pause poétique, tranquille et merveilleuse, avant que d’entamer leur journée. Une pause en ce lieu, en cette heure où tout n’est « que luxe, calme et volupté ».


Ici un groupe de pigeons, là égarée une mouette semble chercher l’océan, plus loin, dans un épais massif de roses, un geai, moqueur, crie. Le bassin explose en mille et un jets qui retombent, pour personne, pour la beauté du geste, la merveilleuse fulgurance de l’instant. Un bruit de persiennes, l’on s’attend à voir surgir Colette écrivant « De ma fenêtre » ou bien un boudeur Jean Marais, enfant terrible fumant au balcon pour ne pas incommoder Cocteau.

J’aime l’odeur du Palais Royal au petit matin, avant que les visiteurs n’envahissent ses arcades et que les chiens et enfants ne s’ébattent dans ses allées. Ces petits matins là sont à moi et, qu’il fasse beau, qu’il fasse laid, c’est mon habitude d’aller l’été, sur les sept heures du matin me promener au Palais Royal.

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